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Classe moyenne en Haïti

Classe moyenne en Haïti, il y en a-t-il? Si oui, quelles sont ses caractéristiques?

L'histoire de la lutte des classes est très présente dans la réflexion sociologique et ne cesse de susciter des débats à la fois enflammés et contradictoires. À chaque fois qu'on parle de classes sociales, on a souvent tendance à se référer à l'un des pères-fondateurs de la Sociologie, le philosophe, économiste et sociologue allemand: Karl Marx. Par contre, il faut préciser qu'il a, lui-même, souligné à l'encre forte à travers sa lettre à Weidmayer (du 5 Mars 1852), qu'il n'a pas découvert leur existence, toutefois, il reste le premier à mesurer son importance. Le concept de classe moyenne, quant à lui, aurait pris naissance en France, peu après la Révolution française de 1789. À rappeler qu'avant la société française était constituée de la Noblesse, du Clergé et du Tiers-état. C'est dans ce contexte que la notion de classe moyenne allait être utilisée pour la première fois, pour désigner ceux-là qui n'appartenaient à aucune des classes pré-citées. Car, on estimait qu'ils seraient les mieux placés à prendre les rênes du pouvoir politique, sans sombrer dans une quelconque tyrannie.

C'est dans cette même veine que Marx allait proposer trois critères pour être appartenu à une classe sociale: 1- Le critère économique: ayant rapport à la position d'un individu dans le système de production. 2- Le critère social: Qui renvoie à la socialisation entre les membres d'une même classe sociale. 3- Et le critère politique: Qui se rapporte à la lutte pour le pouvoir.

En Haïti, sur le plan Sociologique, même si cette position ne fait pas l'unanimité, on distingue trois classes respectives: a) La classe bourgeoise. b) La classe moyenne. c) Et la classe prolétarienne.
a) La classe bourgeoise, même si certains questionnent son existence en Haïti en ce sens qu'elle ne répond pas à ses attributions sur l'échiquier social, d'ailleurs elle est une bourgeoisie comprador, malgré tout, c'est la classe la plus favorisée, qui tire son capital et même sa plus-value en exploitant à outrance les deux autres. La classe prolétarienne, c'est la classe la plus exploitée, défavorisée. Celle qui ne possède que sa force de travail au sein du marché, suivant la logique capitaliste. En dernier ressort, quant à la classe moyenne, cette dernière devrait être celle du milieu, qui devrait être appelée à intégrer graduellement la classe bourgeoise au fil du temps, suivant le principe de la mobilité sociale. Par contre, depuis tantôt plusieurs décennies, nous assistons à une décapitalisation effrénée de celle-ci.

Qu'il s'agisse de lui considérer sur le plan politique, économique, financier/salarial ou  social, au lieu de subir une mobilité sociale ascendante,  nombre d'éléments de cette dernière ne font que péricliter jusqu'à se trouver jusqu'au cou dans la classe prolétarienne.

Au carrefour où nous nous trouvons, si rien n'est fait pour lui permettre de conserver sa vraie place dans la stratification sociale suivant la perspective webérienne et jouer son vrai rôle, nous risquons de nous trouver dans une société constituée uniquement de deux classes, tout comme il y a une bipolarité culturelle qui existe en Haïti depuis le lendemain de notre indépendance sur le plan anthropologique.

Alain THERZIER 
Anthropologue et Sociologue de formation  Rezo Kretyen Beni || RKB


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