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Interview avec le médecin Kerry NORBRUN sur le Covid-19

Interview de Rezo Kretyen Beni (RKB) avec le médecin Kerry NORBRUN sur le Covid-19, partie 3.


RKB:  Le fait de parler ou de respirer suffirait-il de propager le Covid-19?
KN: Le virus voyage dans l'air grâce à des goutellettes provenant de la bouche d'une personne infectée. C'est pourquoi si une personne infectée discute de très près (moins d'un mètre) avec une autre qui est saine, cette dernière peut être infectée si les goutellettes de l'infectée lui tombe soit dans les yeux, soit dans le nez soit dans la bouche. Ou même, si la personne infectée éternue et bombarde l'autre de goutelettes, l'infection est possible. Parler ou respirer ne suffisent pas à la propagation du virus. De même, le risque d'infection reste et demeure quand une personne saine touche ses yeux, son nez ou sa bouche avec sa main non lavée, qui auparavant a touché la main d'une personne infectée, cette dernière avait éternué dans ses mains, négligeant de les laver avant le toucher.

RKB- Est-ce que les personnes ayant un groupe sanguin O+ ont une meilleure réaction face au Covid-19 par rapport aux autres? 
KN- Selon une étude réalisée en Chine sur la population habitant à Wuhan, relatée par le célèbre journal Miami Herald, le 18 mars 2020, les personnes ayant un groupe sanguin A sont plus vulnérables que celles ayant un groupe sanguin O. D'où l'hypothèse de certains, les noirs sont résistants au virus puisque beaucoup de noirs ont ce groupe sanguin, Hypothèse fausse. D'autres en plus, les derniers chiffres montrent que 70% des morts à Chicago sont des noirs. Ces nombreux cas de mort résultent de la co-morbidité. Rappelons que la population vulnérable est constituée de personnes ayant un problème respiratoire, asthme, sinusite chronique, diabète ... Des maladies qu'on trouve très souvent chez les noirs d'Amérique. La résistance face au virus d'un groupe sanguin n'est juste qu'une simple étude sur quelques habitants de Wuhan et cette résistance n'a pas été vérifiée sur toutes les populations. 

RKB- Pensez-vous qu'Haïti compte actuellement beaucoup de personnes asymptomatiques?
KN- Les porteurs sains sont des gens qui ne présentent aucun signe, aucun symptôme de la maladie mais restent un vecteur de contamination puisque ces gens peuvent propager la maladie. Dans le cas du nouveau coronavirus, les jeunes et les enfants se rangent parmi les porteurs sains. À noter que la population haïtienne est, en majorité constituée de jeunes. D'où la conclusion qu'on pourrait avoir beaucoup de porteurs sains dans le pays. 

RKB- Si on attrape le virus, est-ce que l'organisme peut le combattre sans apport de médicaments? Ensuite, est-ce que le sport, l'absorption de produits contenant de la vitamine C et autres nutriments naturels peuvent jouer un rôle en ce sens?
KN- Sans l'administration de médicaments, l'organisme peut combattre le virus. Pourquoi? À l'heure actuelle, il y a toujours l'absence d'un traitement curatif pour le Covid-19 et les traitements présents sont des traitements symptomatiques. De ce fait, la qualité de résistance de l'organisme face à ce virus déterminera la guérison ou non. C'est pourquoi, les personnes vulnérables avec un système immunitaire faible, combattent difficilement ce virus et des fois elles en sont incapables. Elles développent une forme sévère qui débouche sur la mort à cause d'une détresse respiratoire. Et donc oui, la guérison peut se faire sans administrer des médicaments. Pratiquer le sport, consommer des fruits et légumes, surtout ceux qui sont riches en vitamine C, éviter les situations stressantes, bien dormir contribuent au renforcement du système immunitaire.

RKB- Comment un jeune peut succomber face au virus?
KN- un jeune peut succomber à ce virus si son système immunitaire est faible. De plus, s'il y a la présence de problèmes respiratoires soit à cause de l'asthme ou sinusite, soit à cause de la tuberculose. À se rappeler que le pays compte environ 16 000 cas de tuberculose par année. Mise à part ces complications qui peuvent aggraver la situation d'un jeune attrapant le Covid-19, il y a aussi une sécrétion  de cytokines anormale. Ces dernières sont des protéines sécrétées par l'organisme pour stimuler les cellules du système de défense de l'organisme et en aidant le corps à combattre l'antigène du virus. Quand le virus pénètre l'organisme et que le corps sécrète une quantité normale de cytokines, tout va bien. Mais, si ce même virus pénètre à nouveau cet organisme et que celui-ci secrète trop de cytokines, même si le virus a été combattu, cette sécrétion provoquera des dommages au corps. Un exemple bien précis, le Covid-19 pénètre les poumons, l'organisme secrète trop de cytokines dans ces poumons, certes, le Covid-19 sera bel et bien mort mais il y aura des dommages dans les poumons qui peuvent déboucher sur des détresses respiratoires où le jeune peut succomber par étouffement. 

RKB- L'usage de la chloroquine sans une ordonnance médicale est-il recommandé en terme de prévention au Covid-19, surtout dans un pays où la malaria fait rage ? 
KN- Même avant l'apparition du Covid-19, la chloroquine n'était pas un médicament qu'on devrait prendre sans l'ordonnance d'un médecin. Dans un pays comme Haïti où la malaria est une maladie endémique, il est fortement recommandée de faire usage de la chloroquine sans ordonnance de médecin. Pourquoi? Parce qu'en exposant le corps à des antibiotiques, on offre aux germes de la maladie d'acquérir une résistance extrême face à ces antibiotiques, rappelons-nous qu'en Haïti, la malaria est endémique, en administrant, sans contrôle, de la chloroquine pour combattre le Covid-19, l'individu peut attraper les germes de la malaria. Désirant combattre ces germes, en utilisant la chloroquine, aucune solution n'apparaîtrait parce qu'il y a une résistance à la chloroquine.

RKB- Est-ce que d'après vous, le confinement est la meilleure stratégie pour empêcher la propagation du Covid-19 en Haïti? Si non quel autre moyen peut-on utiliser ?
KN- Le problème qui se pose avec le confinement, c'est qu'il n'est pas limité dans le temps concrètement, il n'a pas un délai. On ne peut pas déterminer la durée du confinement. Cette méthode est un modèle pour les pays riches, où les gens peuvent rester pendant une longue période à la maison. Mais dans un pays pauvre comme Haïti où les gens vivent au jour le jour. Les petits commerçants qui ont des rentrées journalières et un jour à la maison peut provoquer non seulement une perte d'argent mais aussi une journée sans se nourrir puisque ces petits commerçants n'ont pas d'épargne pour les tenir pendant des jours, voire des mois. Le mieux à faire pour Haïti, en ce temps de Covid-19 était d'empêcher la venue du virus, mais on n'a pas pu. Maintenant, à part le confinement, il faut respecter les consignes sanitaires pour empêcher sa propagation. Ces principes sont: 
  • Respecter la distanciation  sociale.
  • Utiliser un masque (cache-nez)  en milieu public pour limiter les points d'entrée du virus dans le corps. 
  • Éviter tout contact avec une autre personne.
  • Se laver les mains fréquemment.
  • Faire un maximum de tests.
Si une personne ressent quelques symptômes comme une grippe, une forte fièvre, elle devrait s'isoler chez elle. Si son cas empire, elle doit s'adresser aux autorités aux numéros suivants: 116 ou 4343-3333. Elle expliquera son état aux responsables qui prendront les mesures appropriées. Le confinement indéterminé n'est pas recommandé et peut provoquer une crise humanitaire. 

RKB: Un dernier mot pour nos lecteurs?
KN: Pour les lecteurs, les recommandations qui suivent, devraient être pratiquées, ce sont : Adopter les mesures d'hygiène prônées comme se laver les mains régulièrement, limiter au mieux les contacts avec d'autres personnes, rester chez soi si on peut, porter un masque (cache-nez) en milieu public ...

Interview : Alain THERZIER
Rédaction : Mike S. E. CHERISIEN (Stéph LeBéni)
Rezo Kretyen Beni || RKB




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